Votre mot de passe vous sera envoyé.

Laurent Costantiello, le coach de Voo Liège Basket en D1, analyse la saison de chacun de ses joueurs.

Grâce à son dernier match, avec sa victoire à Limburg (92-112), Voo Liège Basket évite la dernière place du championnat terminant avec 8 succès en 36 rencontres, une de plus que Louvain qui finit 10ème. Liège aura donc manqué les playoffs, son objectif, mais il aura présenté du spectacle terminant meilleur attaque avec le Serbe Milos Bojovic, lui premier scoreur de la Ligue qui cumule avec le titre de meilleur intercepteur. Le départ, en cours de saison, du meneur américain Tyler Larson (à l’époque meilleur passeur de la compétition) happé par les sirènes financières de l’Italie -nouvelle preuve que le recrutement fut au top- et de nombreuses blessures jouèrent de mauvais tours aux Liégeois. Le duo composé de Laurent Costantiello (head-coach), première année en D1, et de Sacha Massot (assistant-coach) est donc mitigé. Difficile sans doute de faire mieux avec le plus petit budget de Belgique.

Tous passés au scanner

Il est très rare et même exceptionnel de voir un coach commenter individuellement les prestations de ses joueurs. Au terme de la saison Laurent Costantiello a accepté l’exercice en toute transparence. Un exercice qu’il peut se permettre après avoir confié « Avec Sacha Massot nous avons réussi pas mal de choses malgré un nombre insuffisant de victoires mais, comme nos joueurs, nous devons aussi nous remettre en question pour progresser. »

LARSON Tyler : « Un tout gros talent. Il y avait une grande complicité entre le joueur et moi. On dit souvent qu’un meneur est le relais du coach sur le terrain, le prolongement de l’entraineur sur le parquet. On échangeait beaucoup, quotidiennement en parlant des matches, avec Tyler. Je regrette juste après m’avoir donné son accord qu’il n’ait pas joué les deux rencontres quand il était toujours là avant de partir en cours de saison à Varèse. »

JORDAN Jonathan : « Le remplaçant de Larson avait autant de talent, ou quasi, que notre précédent meneur mais il n’avait pas la même possibilité de s’intégrer dans un collectif, ce n’était pas sa priorité dans le jeu contrairement à Larson qui partagea beaucoup de choses sur le terrain notamment avec Bojovic. »

BOJOVIC Milos : « Celui-là c’est un magicien ! Il m’a étonné toute la saison avec ses feintes de passes. Encore dernièrement à l’entrainement il a fait une feinte et j’ai regardé ou allait le ballon alors qu’il l’avait toujours en main ! Ce gars-là a une facilité et un truc pour marquer. Avec énormément de malice, il est extrêmement rusé. On est fort heureux de le conserver avec un contrat de deux ans de plus. Sa force et sa faiblesse c’est son côté émotionnel, notamment en défense ou cela lui joue des tours avec un manque de rigueur. Ce sera le chantier principal avec lui la saison prochaine, un challenge qui m’excite déjà puisque à 37 ans on va tenter de lui faire passer un cap défensivement. On va tout faire avec lui et mon adjoint Sacha Massot, qui a joué avec lui à Antibes, pour y parvenir. »

DEROOVER Terry : « On l’avait pris pour son shoot et il a rempli son contrat à 200 %. Sa réussite il l’a doit à son caractère fort alors qu’il sortait d’une saison difficile. Il a réalisé ce que je voulais voir et a donné ce que je pensais qu’il pouvait offrir et savait faire avant saison. Le voilà peut-être en route pour une Pro B Italienne mais la porte reste ouverte chez nous. »

HAZARD Louis : « C’est le genre de joueur qui fait et sait faire beaucoup de choses, une sorte de « couteau suisse », mais un couteau suisse… introverti, ce qui n’est pas toujours positif pour lui. Au terme de la saison, on est assez d’accord, le joueur et moi. Il attendait plus de sa saison et moi de lui. La très forte concurrence à l’aile l’a sans doute desservi. Mon hypothèse pour qu’il devienne meilleur c’est qu’il doit avoir plus de rage et se sentir plus concerné dans le jeu. »

CEBASEK Jakob : « Je ne peux être que vraiment très positif concernant Jakob. Il s’agit, pour moi, du joueur qui dans le groupe avait les plus grosses connaissances en basket et la culture de jeu la plus élevée. Cebasek c’est un ailier qui sent parfaitement le terrain avec une très belle lecture du jeu. Il joue juste et ne cherche pas à se rendre intéressant en étant vraiment concerné par ce qui se passe sur le parquet. Un vrai passionné qui a parfaitement rempli son rôle au shoot dans l’équipe même si fort complet, c’est nettement plus qu’un shoteur avec notamment une belle présence au rebond offensif. »

L’HOEST François : « Je ne vais pas m’en cacher, moi c’est devenu mon « chouchou » dans le sens ou quand il a signé je ne savais vraiment pas ce que je pouvais réellement en attendre et, en bout de course, il nous apporté au-delà de tout espoir. Un joueur vraiment épatant sur le plan mental et humain. Jamais un mauvais mot dans sa bouche, jamais un soupir. Il n’a pas arrêté de progresser en venant de D2 et en apprenant parfaitement son rôle en D1. Il a beaucoup évolué entre le début et la fin de la saison avec une très grande qualité d’écoute. Toujours au service de l’équipe, voilà un joueur comme les coaches en raffolent, faisant toujours ce qu’il faut, la petite faute au bon moment y compris. »

HARRIS Darnell : « Je vais être franc et honnête, ce qui me vient en tête ce sont les propos de Giovanni Bozzi qui disait toujours qu’il ne fallait pas se croire plus malin que les autres et qu’un joueur qui n’avait pas réussi quelque part ne deviendrait jamais un grand joueur ailleurs, peut-être un joueur moyen… Et bien on s’est cru plus malin que les autres et son passage chez nous après une mauvaise année à Charleroi ne fut pas concluant. Pour moi Darnell Harris a progressé mais pas au point de prouver qu’il était bien un bon joueur de D1 en Belgique. Il a montré ses limites sur l’ensemble du championnat. Son retour tardif des USA fin de saison, alors que les choses étaient claires entre lui et le club, n’a pas non plus aidé le groupe… ni lui d’ailleurs car il très mal terminé le championnat. Montant à 12 points de moyenne il a dégringolé ensuite. »

MONTGOMERY Carl : « Humainement irréprochable, travailleur et volontaire. Mais au niveau basket il n’a pas sa place comme titulaire au poste 5 dans notre compétition. On peut le considérer comme un back-up intéressant dans la raquette mais pas plus. Il compense par une énorme énergie mais cela ne suffit pas au niveau basket face à des Toffi ou Katic. »

PENNINCK Boris : « J’ai l’impression, cette saison, que Boris a fait tout ce qu’il fallait professionnellement. La preuve c’est qu’il termine fort bien la saison. Il a sans doute profité de l’effacement progressif de Harris, mais il a eu le mérite de se battre là ou d’autres auraient sombré. Il a gardé la tête haute dans les moments difficiles. »

BEVERLY Gerald : « D’énormes qualités et un gros potentiel. Certainement un des meilleurs pivots « 5 » en Belgique, d’ailleurs tous les clubs viennent aux nouvelles pour lui. Pour nous il est malheureusement arrivé trop tard. Plus tard en tous cas que ce que nous avions prévu au départ avec lui. Malheureusement cela correspondait à des duels en back to back périlleux contre Ostende et Charleroi. Au terme de ses matches les playoffs s’éloignaient et beaucoup trop vite il a décompressé, ce que je peux lui reprocher. »

La saison prochaine Liège conservera Milos Bojovic et François L’Hoest en intégrant, aux entrainements d’abord, les jeunes Orly Nzisabira, Loïc Meunier et Robin Laurent. Le club a aussi déjà transféré Jonas Van Landschoot (Belgrade) et Yannick Diop (Charleroi).